Aventures en selle et riz

Aventures en selle et riz

P1070838Me voilà au Vietnam depuis une semaine. J’ai posé mes sacoches à Hanoi pour quelques semaines, aucun projet d’emmenagement ni de mariage à l’horizon, j’ai simplement pris conscience que voyager en Asie necessite pas mal d’anticipation, entre preparation des dossiers de demande de visas, identification des lieux d’applications possibles, choix d’un itinéraire prenant en compte ; les meilleurs saisons, la situation aux frontières, la localisation des embassades et le temps de séjour souvent limité, il ne reste pas beaucoup de place pour l’improvisation.

P1070954Les regles changent constamment et je commence seulement à en déméler les ficelles. Aujourd’hui une première esquisse de la route a vu le jour, fruit de lectures et de rencontres d’autres cyclovoyageurs, un itinéraire qui suivra la route de la soie à travers Chine, Kirghistan, Tadjikistan, Ouzbekistan, Turkmenistan, Iran, Turquie avant d’arriver aux frontières de l’Europe. Une année bien remplie avant de retrouver les odeurs de fromages, le plaisir d’un tiercé dans le bar PMU du coin. Aujourd’hui, j’avoue être assez relaxe, le gros du travail a été fait, je n’ai plus qu’a attendre l’arrivée du nouveau passeport “Grand voyageur” et l’approbation de mon visa chinois. Deux semaines d’attente supplémentaires mais rien ne presse, je suis confortablement installé chez Abhi, Justina et Manu 3 expats fantastiques qui m’ont ouverts leur porte. Bonne bouffe, soirées avec les amis, je retrouve une vie sociale qui souvent m’a fait défaut.

P1070961L’arrivée en Asie ne s’est pas faite aussi sereinnement. Une arrivée choatique, pleine d’incertitudes, un tournant majeur de cette aventure. C’est effectivement un nouveau monde à apprivoiser, plus difficile que tous les autres pays visités jusque là. Un monde où les vérités sont rendus difficile d’accès, principalement pour la frontiere de la langue mais aussi par la censure, le souvenir des genocides perpetrés , les guerres d’indochine et du vietnam, une pauvreté parfois revoltante, une scolarité trop courte pour envisager un autre avenir.

P107092710 Fevrier 2015, 19h, atterissage à Bangkok. un peu droguie par 12h de vol, mon objectif numero 1, faire les formalités d’entrée. Malheureusement aucune signalisation guide le pauvre touriste. le chaos est total, le nouvel an chinois est dans moins d’une semaine aussi l’aéroport est envahi par des centaines de chinois en transit ou à la recherche de la zone d’immigration; bousculades, pietinages tous cherchent à se forger un chemin dans la foule, Par chance je distingue quelques têtes d’europeen croisés plus tôt dans l’avion, ils sont déjà venus il y a quelques mois et connaissent le chemin, pour la zone reservée au occidentaux, beaucoup plus calme et organisée. Formalités très simple puisque aucun visa n’est necessaire pour les français. On peut rester un mois sans besoin de presenter un billet d’avion retour. Si l’on souhaiite rester plus longtemps il suffit de passer la frontiere d’un pays voisin et revenir le même jour si necessaire.

Le vélo et sacoches n’ont subi aucune avarie. Ne reste plus que l’étape de remontage du vélo, puis diner sur le pouce avant de la cherche d’un lieu de bivouac dans l’aéroport. épuisé par le voyage je finis sur une rangée de sieges, le vélo à mes côtés et mes dollars en guise d’oreillers. Le hall finit par retrouver son calme après quelques heures, les magasins ferment leurs portes, les prochains vols ne partiront que demain matin. seul le passage régulier du service de sécurité et les machines de nettoyage animent la nuit. Je ne suis pas seul a dormir ici, il y a un chinois sur l’autre rangé de sieges sur ma droite, une serviette sur la tête pour s’isoler des spots. je le copie et m’écroule trop fatigué pour penser au lendemain.         

P107086511 Fevrier 2015, 8h du matin, le monde grouille autour de moi. Mon ami chinois est déjà debout et sourit en expliquant a sa femme que moi aussi j’ai dormi ici. On essaye d’échanger quelques mots, puis quelques mimes mais nos efforts sont vains. Moi qui aime parler me voici sans ressource. Je découvre à quel point la barriere de la langue peut etre un frein dans l’experience du voyage. J’ai toujours pu me debrouiller jusque là entre français, anglais, portuguais et espagnol. les conversations n’ont pas toujours été d’un grand interet philosophique mais l’échange était toujours possible. Cette premiere rencontre donne le ton, il va me falloir voyager autrement, trouver d’autres stratagemes pour communiquer. Lorsque l’on s’interesse aux langues d’asie du sud est, on découvre que la logique n’est pas si complexe, une grammaire simple, une contruction sans genre, sans article, sans pluriel. Malheureusement  la langue parlait intègre la notion de tonème, un changement de hauteur de voix qui interfere dans l’interpretation des mots. Aussi en fonction de la tonalité utilisée, un mot pourra avoir différentes significations. Un travail d’écoute et d’élocution qui demande une sacrée motivation 🙂

P1070869Bref, avant de me lancer dans l’apprentissage des langues je dois rejoindre la maison de Supaporn, mon hôte pendant ce séjour à Bangkok. Elle est propriétaire d’une école primaire sur la rive gauche du  fleuve Chao Phraya. Cette riviere traverse la ville en son milieu et se situe environ à 40 kilometres de l’aéroport. Il est à peine 9h et la chaleur déjà est etouffante. Premiers tours de roues dans un labyrinthe de routes, les signalisations en thai donne un coté mystique à la situation. Je suis apé par le trafic, des milliers de motos, tuk tuk et autres taxis transitent avec moi. je suis la masse dans l’espoir d’etre dirigé dans la bonne direction. Rapidement la circulation devient anarchique, embouteillage sans fin, les trottoirs deviennent voies de circulations secondaires, le tout baigne dans une cacophonie de moteurs mals réglés, symphonie de pétarades, un petit enfer pour les oreilles sensibles.

J’aborde donc une conduite prudente, d’abord effrayé par l’absence total de regles de circulation, je roule collé au trottoir avec toujours un coup d’oeil dans le retro pour m’assurer que personne n’arrive a tombeau ouvert. Etonnement personne ne klaxonne, personne ne s’enerve, tout semble régie par des regles intrasecques que l’expérience vous révèle,  Les manoeuvres sont anticipées, aucune agressivité et cela fonctionne probablement tant que chacun garde un comportement previsible.

P1070906Le quartier chinois s’annonce après 2h dans les bouchons, ici il y a profusion de banderoles, vendeurs ambulants trinqueballent leurs charrettes remplies de decorations en vue du nouvel an chinois. Le quartier baigne dans une vague couleur communiste. Ici le monde grouille a tel point que les trottoirs ne suffisent plus. L’avenue se poursuit avec explositions de petards, fumées des barbecues qui rejoignent le nuage de pollution. la folie rouge laisse place aux centres commerciaux gigantesques, parfois étalés sur plusieurs buildings, lignes de metro enjambent la circulation, fils electriques pendouilles à hauteur de tête. La ville surnommée la venise d’Asie suffoque à petit feu prise par une expension .

Sans titre2Sans titreLorsque l’on lit les récits de voyage de Henry Mouhot, explorateur du milieu XVIIIe on decouvre que la vie n’a pas beaucoup changée. “Bangkok, Belle ! elle a certainement droit à cette épithète quand, vue du milieu du fleuve, ell étale au regard ses palais et ses temples ; mais elle la perd rapidement dès qu’on pénètre dans les ruelles fangeuses dans les milles canaux secondaires, étroits et nauséabonds … blessant autant l’oeil que l’odorat.”.

Cette premiere expérience sur le sol asiatique m’a remis pas mal les idées en place, malgré mes quatre années de barroudeur, le monde me reserve encore de belles surprises et c’est une bonne nouvelle ! J’avoue qu’avec le temps les paysages peuvent perdre un peu de leurs superbes, les dangers déjà apprivoisés.  Il est alors temps de donner un coup de fraicheur à la routine, de donner un nouvel elan en changeant quelques parametres du voyage, sauter dans un bateau, partir en sac à dos. L’idée est de sortir de sa zone de confort, s’ouvrir à de nouvelles perspectives.


One thought on “Aventures en selle et riz

  1. Hey ! 

     

    Je viens de lire ton article. Tu fais plaisir à lire virgile ! Le récit est souriant et plein de vie ! 

     

    Enjoy your trip mon ami !

     

     

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