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Month: July 2013

Happy Hippies

Happy Hippies

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On est posé au bord du lac Titicaca, dans la ville de Copacabana, c’est un peu comme la plage éponyme de Rio de Janeiro mais pour le coup on est à 3800 mts d’altitude et pas un bikini a l’horizon, d’ailleurs aucun touriste ne met l’orteil dans le lac, il parait qu’il est pollué mais je crois surtout que l’eau à 9°C calme les plus téméraires. Etonnement les paysages qui nous entourent n’ont rien à voir avec la haute montagne, il semble qu’il y est une sorte de micro climat dans le coin et en milieu de journée lorsque la chaleur s’invite, les paysages de cote d’azur ne sont pas très loin.

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Scène de vie sur les plages péruviennes

On a mis deux jours pour arriver ici depuis LaPaz, parcours sans trop de difficulté que nous devions faire accompagné de deux amis hippies mais pris par le cours des évènements ils n’ont pas pu nous rejoindre a temps. Simon et Lea sont étonnants, ! Leurs sacoches sont faites de cuir et de toile de bâche, dedans, une tonne de bric a brac pour faire de l’artisanat, un équipement glané au fil de la route le tout dans l’inertie de ceux qui ont fait le choix de prendre le temps. Finalement ils prendront le bus pour nous rejoindre, les vélos dans la soute, un voyage de 3 heures pour un prix dérisoire de 3€.  Dés fois on se demande pourquoi on se fait chier à faire du vélo !

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La cordillère royale
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Les bords de route sont animés par des mamitas qui font sécher leurs pommes de terre (chuño) au soleil, processus traditionnel destiné à la conservation et au stockage des patates

A Copacabana il y a deux trucs à pas louper, franchir la frontière péruvienne en pedalo canard et partir en excursion sur l’île du soleil à la découverte des mystérieuses ruines inca. Pour le coup on a choisi la simplicité, donc on embarque pépére sur un bateau direction l’île du soleil en mode touriste professionnel, appareil photo en bandoulière, crème solaire, casquette et lunette de soleil. Voici quelques clichés de notre aventure :

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La Cordillere royale en couleur de fond

 

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Plage au nord de l’ile du soleil
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Il y a tous les jours du vent sur le lac titicaca
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Ca transpire la joie de vivre 🙂
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il fait bon vivre sur l’ile du soleil même pour les ptis boliviens du coin
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Réunion au sommet, sur la place principale
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Dans la barque de gauche, un couple de gringos en mode romantique. L’image ne raconte pas leur tentative désespéré de ramer pour revenir sur la côte.

Les ruines présentes sur l’île sont anecdotiques, et sur le parcours qui vous emmène du sud au nord, vous découvrez trois communautés, chacune possède une partie de l’île et chacune vous facture un droit de passage pas forcement justifié. C’est une belle manne financière qui, d’après les locaux, permet de financer l’entretien de l’île. J’y crois un peu parce que j’ai bien vu des mamitas parcourir les plages le dos courbé à la recherche des bouteilles en plastique mais vu le nombre de touristes qui passent par ici les fonds doivent être investis autre part et je ne crois pas que le patrimoine historique soit un sujet de préoccupation majeur étant donné qu’à l’exception des terrasses présentent sur l’ensemble de l’île l’histoire pré colombienne se résume à une pseudo table sacrificielle à l’authenticité controversée. Enfin tout ca pour dire que c’était une belle promenade mais ne vous attendez pas à un plongeons dans l’histoire des incas.

 

En ce qui concerne Copacabana, malgré un penchant hautement touristique, la ville s’avère agréable même pour les portes monnaie serrés, on nous avait aussi promis un temple du hyppisme (pas ceux qui mange l’avoine mais ceux qui la fume) mais ils sont tous bien caché, la ville a su garder un coté bolivien qui nous plait, hôtels pas cher, marché chaotique et des kiosques de bouffe ambulants pour se remplir le ventre.

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Le lac titicaca avec un goût de côte d’azur
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Meilleur qu’une police d’assurance, faire baptiser sa voiture devant l’eglise de Copacabana. Rituel visible a chaque fin de semaine, fêté à coup de confettis, mousseux et une bénédiction du prête.

 

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Rue principale de Copacabana, une descente vers le lac tititcaca

Aprés cette petite aparté, nous avons repris les vélos haaaaaaaaaa, ca nous manqué. L’objectif sera de rejoindre Arequipa au Perou, une pichenette d’a peine 500 kilometres.  Pas de grande difficulté a première vue, suffit de longer le lac jusqu’a Puno et ensuite de tourner à gauche puis suivre la route goudronnée. C’est presque aussi simple que d’aller chercher le pain quand on est gamin.

Cette fois nous sommes 4 protagonistes, alors n’allez pas croire que nous avons  embauché des quechuas pour trinqueballer nos affaires, nous sommes simplement rejoins par nos amis Simon et Lea qui vont animer nos journées, surtout que notre chere Lea vient de rejoindre la famille des cyclistes, elle a achete un velo a Lapaz et c’est cousu une belle paire de sacoches en cuir. En réalité on est tous un peu inquiet parce que le voyage a vélo on aime, on n’aime pas mais c’est assez culotté de se faire les premiers tours de jambes dans la Cordillère des Andes. Bonne chance Léa 😉

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Lea fait de la mécanique, Chapeau !!!

Une dernière cigarette arc en ciel pour Simon suivi d’une bonne poignet de feuilles de coca dans le creux de la joue pour se donner un coup de fouet et nous voilà parti. 8 kms plus tard première pause, c’est déjà la frontière  On depense les derniers bolivianos pour payer quelques savoureux saltenas (chaussons fourrés au poulet hmmm !) et payer le depassement de visa, on contourne une barrière puis une seconde, tout est calme juste une femme dans un coin fait le change. On cherche le bureau d’immigration et quatre minutes plus tard nous voilà au Peruuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !!!!

Au début rien ne semble avoir changé, construction en adobe, kiskos pour la bouffe et toujours le lac titicaca sur notre droite, mais petit a petit on découvre un peuple souriant, accueillant, lorsque l’on passe devant les écoles se sont des dizaines de têtes brunes qui se présentent devant les vitres pour nous saluer avec un sourire jusqu’aux oreilles. Ohh !!! Il y a bien quelques interjections du type  “gringosss” ou “touristossssssss” mais rien de méchant. Le premier soir on voit débarquer une dizaine de gas sur notre zone de campement, il travaillaient sur la route et sont venus en masse pour nous souhaiter la bienvenue.

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El Peruuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !
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Les motos taxi péruviennes ont un look Batmobile
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Sourire d’usage pour le passage de frontière

Nous sommes parti sans un sous avec normalement assez de bouffe pour rejoindre la prochaine grande ville, Puno située 150 kilometres plus loin. Nous roulons tranquille dans un décors de pampa, routes colinéaires, bercés par le beau temps et une brise rafraîchissante. Chaque soir la nuit nous réserve des orages impressionnants. Perché à 3800 mts, on se sent tout de suite plus proche de la foudre et l’épaisseur de la toile de tente donne un coté immersif à ce qui se passe dehors, entre les flashes de la foudre et l’onde du tonnerre on s’empresse de prier la Pachamama (divinité Inca, mere de la terre) .

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Hey gringa, quitate !

 

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Simon et son équipement fait maison 😉
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Un pirate narcoleptique !

 

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Heidy version péruvienne
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Retrouvaille avec des frères oranges

Au bout du troisième jour, Puno nous apparaît mais déjà un orage menace, une nouvelle fois j’ai le bide en vrac et je ne pense qu’à plonger dans un lit. A l’instant où nous arrivons a proximité du marché nos amis hippies s’évanouissent dans la foule. On attend un peu, puis on fait un tour pour les retrouver mais ils sont déjà loin. Dommage ! On pose nos vélos dans un hôtel à 4€ pour une journée de pause.

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Nous quittons Puno après une belle ascension

Avec Christophe, nous partageons un emploi du temps assez similaire pour les prochaines semaines. Des amis respectifs viennent nous rejoindre pour visiter le Pérou et pour le coup, ce sera sans les vélos, un break qu’on attend avec impatience. Nous avons élu Arequipa comme ville d’arrivée. De là on pourra retrouver un peu de chaleur et il y aura des bus directs pour rejoindre Lima. Enfin, pour pouvoir conclure ce chapitre il nous faut encore pédaler 300 kilomètres et en s’éloignant du lac Titicaca on risque de prendre de la hauteur.

On va vu la veille qu’il y avait moyen de gagner 40 kilometres en contournant Juliaca par le sud, un groupe de chauffeurs nous confirme l’info et nous dessine un beau plan avec le kilométrage de chaque étape, normalement on ne peut pas se tromper. Normalement dis-je parce que tout au long du parcours nous demandons confirmation auprès des locaux jusqu’au moment où l’on nous explique que la piste va monter très fort et très haut. Moment de doute avant de réaliser que l’on s’est engagé sur la route qui passe à 4600 mts et ça s’était pas dans nos plans, nous aurions du tourner bien avant pour rejoindre la route bitumée. La guigne !

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Christophe : “Avec ce raccourci on va gagner une demi journée”
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17h30 Le soleil se couche, tout le monde rentre à la ferme
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Paysage de pampa péruvienne
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Village en effervescence
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Dans la campagne, le temps passe doucement, papi aussi

Finalement on poursuit notre route plus a l’ouest, on devrait pouvoir retomber sur la bonne piste sans rebrousser chemin. La nuit est déjà là alors on pose les tentes en haut d’une colline pour y passer la nuit. Le lendemain nous retrouvons rapidement le bitume et un vent portant, toute la journée nous suivons le cours d’une rivière qui doit nous emmener sur une zone d’altiplano.

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Route en direction de l’altiplano
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Restaurant fantome en bord de route
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Perruches croisées à plus de 4000 mts d’altitude

Avant d’arriver sur l’altiplano on nous balade un peu sur le relief, genre yoyo, un dernier détour par un lac pour voir les flamants rose avant de remonter vers un mirador. Un nouvel orage à l’approche et nous sommes a plus de 4000 mts. on imagine bien nos prochaines heure sous une tempete de neige alors on fait les yeux de merlans fris et on demande si il y a un abris à proximité. Il semble qu’il y ait une cabane un peu plus haut où nous pourrions bivouaquer.

Une fois sur place, il faut tirer sur un cadenas pour ouvrir et à l’intérieur nous trouvons une moto, des planches de bois et des peaux de lama. Ca pue l’essence mais au moins on aura pas froid. Pendant que je dispose les peaux sur le sol, Christophe s’affere à l’allumage d’un feu dans un grosse boite de conserve. Comme le feu ne veut pas prendre on imprègne le bois avec de l’essence. Héhéhé on est malin ! Ca marche voire trop bien, après une enflammé spectaculaire la cabane est bientôt totalement enfumée, on cherche l’air a raz du sol et finalement Christophe balance le réchaud par la porte pour qu’on puisse respirer de nouveau. Cette fois ci coup de chance on a pas cramer la cabane. 🙂

Nous sommes au troisième jour et nous voilà sur l’altiplano, la route est donc assez plate pendant une bonne partie de la journée mais en milieu d’après midi la route prend du relief et nous donne le coup de grâce.  On lâche les vélos dans une côte pour aller squatter une vieille bâtisse.

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Un lama ca peut être con comme un mouton, Le camion rouge en fond d’image a bien failli en faire de la pâté.
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Troupeau de lamas mis en fuite ahahah !

La plupart des fenêtres et portes sont sellés avec des briques et l’intérieur est plus ou moins propre. Une des pièces est remplie de paille et d’excréments de souris, les murs couverts de graphitis donne un côté underground au décor. Les tâches sont vites réparties, Christophe se remet a la recherche de bois pour le feu et je m’occupe de nettoyer rapidement le sol et préparer un barrage pour les souris. un coin de la pièce est désigné pour le feu et quelques pierres sont disposées autour du foyer pour éviter d’enflammer la tonne de foin stockée sous nos fesses.

Nous sommes à environ 4500 mts d’altitude et l’approche de la nuit nous le rappelle. Le feu prend en quelques secondes, les flammes rechauffent rapidement la pièce mais rebelote après quelques minutes un nuage de fumée rend l’endroit irrespirable, on pensait que la hauteur de plafond suffirait à contenir la fumée mais on s’est planté.  Plan B, mettre un peu d’eau pour calmer les flammes, de nouveau mauvaise idée, la fumée devient encore plus dense. On finit par tout éteindre pour arrêter la misère et puis vient un éclair de génie ! Et si nous faisions une cheminée ! On commence par rassembler nos idées et doucement le projet prend forme. Première idée intelligente, déplacer le foyer à proximité de la fenêtre et ensuite utiliser les plaques de taule ondulée trouver dans la maison pour former des cônes qui pourront s’emboîter et diriger la fumée vers l’extérieur.  Tout ca prend un peu de temps mais lorsque finalement la fumée s’engage dans l’installation on a l’impression d’avoir créer un truc exceptionnel, l’homme s’est adapté, Darwin avait raison, nous avons survécu face à une nature hostile. Mike Horn serait ébahi par notre ingéniosité. 🙂

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Notre squatte d’une nuit en haute montagne
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Une fois la cheminée en place nous profitons du feu
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Malgré une sommeil agité, la nuit sur des balots de paille et  le craquement du feu  resteront un souvenir magique

Une nuit plutôt agitée, animée par une fumée envahissante et des souris déterminées. Au petit matin nous avons les traits tirés et le passage d’un train a quelques mètres du squatte finit de nous réveiller mais le moral est bon, nous devrions arriver a Arequipa ce soir, la-bas nous aurons tout le temps de nous reposer.

Il nous reste 130 kms jusqu’a Arequipa, et lorsque nous franchissons les 200 mètres qui nous sépare du sommet, s’annonce une descente d’enfer, premier palier à 4320 mètres avec une vue imprenable sur les volcans Chachani, Misti et Pichu Pichu, tous nous domine de leur 6000 mts. Les coups de pédale sont maintenant anecdotiques, les doigts sur les freins modèrent la vitesse. Descente extatique où le jeu consiste à doubler les camions à 60 km/h. Nous approchons des 2500 mts, le vent n’est plus si froid, les T-shirt sont de sorti, on respire ! Bientôt Arequipa, la ville blanche et sa place principale incroyable, nous y voilà. On reste un moment sur un banc à regarder le monde vivre  avant de rejoindre Enrique, notre hôte couchsurfing  qui nous hébergera les prochains jours, le temps de découvrir la ville.

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Usine de ciment de Yura, retour au monde moderne
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Sur la route, c’est un peu la loi de la jungle et le klaxon le meilleur moyen de le faire comprendre