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Month: April 2013

Les 8 choses qui m’ont marqué ces dernières semaines

Les 8 choses qui m’ont marqué ces dernières semaines

Ca y est, je vis mes derniers jours en Argentine et étonnement je ne suis pas complément rassasié des montagnes alors l’idée est de poursuivre le voyage pour voir le monde d’encore un peu plus haut. En réalité, il reste 250 kms pour rejoindre le Chili, une épreuve d’endurance que je prépare depuis quelques jours. Son nom, le paso de jama, une route tracée à travers la Puna andine, région de haute altitude, pour rejoindre le désert d’Atacama. Un itinéraire de 412 kilomètres de désert, ponctué de salars, lagunes et volcans. Une terre déchirée le jour par la chaleur et le vent d’ouest et congelée la nuit par des températures avoisinants les -10°C. Il est toutefois possible de traverser ce territoire en suivant la route 52, seul fil d’Ariane asphalté que je compte suivre jusqu’à Pedro de Atacama. Sur la route quelques points d’eau qu’il ne faut pas manquer et un unique village pour refaire l’avitaillement. En point d’orgue l’ascension de la cuesta de Lipàn, les salinas grandes et pour finir en apothéose le passage d’un col à 4850 mètres. De la haut je pourrais tutoyer le Mont Blanc.

Avant de me lancer dans cette épreuve de force, je reprend mon souffle et me pose un instant pour retrouver les souvenirs marquants qui ont ponctués ces dernières semaines.

1- Dormir en hamac

 

P1030432Souvenir des quelques nuits en hamac passées à Hualfin et à Cafayate, fixé entre 2 arbres ou à l’abri d’un carbet, l’expérience reste inoubliable. J’aime sa simplicité et même si les nuits ne sont pas toujours confortables, le plaisir de s’endormir avec les étoiles et de se réveiller avec les premiers rayons du soleil justifie les quelques désagréments du vent froid parfois somnambule.

2- Voyager dans les champs de cactus

Je garderai toujours l’image des champs de cactus qui s’étendent à perte de vue. Ils sont souvent perchés dans des lieux improbables, là où la roche est un obstacle pour tout autre forme de végétal, beaucoup dépassent les 4 mètres et leurs formes tortueuses rappellent souvent celle des orgues.

IMG_4171_thumb.jpg P1030490_thumb.jpg P1030472_thumb.jpg P1030463_thumb.jpg P1030447.jpg P1030443_thumb.jpgP1030436.jpg P1030439.jpg

3- Veiller prés du feu pour admirer les étoiles 

Les nuits de bivouac, lorsque la lune ne vient pas éblouir l’éther de mes soirées, je m’habille chaudement pour regarder les étoiles, une carte du ciel à la main j’évolue nuit après nuit, dans un autre voyage, celui-ci au travers des constellations. L’observation commence toujours par la recherche d’Orion et de la croix du sud, de là le ciel se révèle par étape. Depuis la croix du sud on retrouve le centaure, Castor et Pollux de la constellation des gémeaux, la constellation du lion qui à les pattes en l’air, le cancer qui ressemble à rien.

4- Découvrir l’histoire des civilisations précolombiennes

J’ai découvert au fil de la route que les incas n’étaient pas les premiers habitants de cette région des Andes. Avant leur migration, il y a eu les diaguitas, ensemble des populations vivants dans cette partie du pays entre le VIe et XVIe siécle qui par la suite furent influencés par les Incas mais finalement exterminés lors de la conquête espagnole . De leur histoire persiste quelques pétroglyphes et ruines adossés au flanc des montagnes.

 P1030460_thumb.jpg P1030464_thumb.jpg P1030455_thumb.jpg P1030444_thumb.jpg

5- Goûter à la gastronomie argentine

Ce petit voyage avec mes amis français a été l’occasion de changer mes habitudes gastronomiques. Rares furent les soirées sans une bonne bouteille de Torrentes, Malbec ou Cabernet et pour accompagner une bonne bouteille, il nous fallait parfois courir la nature pour ramasser le petit bois nécessaire à la préparation de notre assado, une viande argentine toujours tendre dont je ne me lasse pas.

 

6- Partager un bout de chemin avec des amis cyclotouristes 

Petit hommage à mes amis cyclos, Thomas et Virginie rencontrés pendant leur traversé sud-nord de l’argentine à vélo. D’abord un couple mais surtout une équipe super organisée. Thomas dit Jésus est l’homme sage de la bande, il aime jouer du réchaud aux premières lueurs du soleil. Sa passion, la lévitation, d’ailleurs il touche rarement le sol sur les photos. Virginie, sa compagne, surnommée docteur Mac Queen est capable de reconditionner n’importe quoi dans des tupperwares. Son autre talent la musique, imbattable pour reprendre avec moi des chansons oubliées de tous.

Un grand coup de fraicheur dans cette aventure solitaire. Merci, j’en ai bien desfruter !

 

7- S’émerveiller

Des paysages toujours plus stupéfiant, une nature capable de produire des couleurs et des formes irréelles. Les Andes sont une merveille qui va au-delà du beau, de l’esthétique, la nature vous bouleverse, on a le sentiment d’être privilégié surtout lorsqu’on découvre que ces paysages sont l’œuvre de plusieurs millions d’années.

8- Louer une chevrolet pour un roadtrip sur les routes andines

La Ruta 40, une route mythique en Argentine, elle rallie le sud de l’Argentine jusqu’a son extrémité nord sur presque 5000 kilomètres. On échange les vélos pour 4 jours de Chevrolet avec l’envie de vivre une expérience ROADTRIP. Au programme, pistes défoncées, ensablement avec le petit stress de la franchise. L’arrivée sur la ruta 40 est marquée par un panneau symbolique, ici on est pas gêné par les touristes, la route évolue a plus de 4000 mètres et elle n’a jamais été bitumée. Plaisir extatique lorsque je passe en mode pilotage sur un altiplano où seul domine un volcan marqué par les dernières coulées de lave.

J’ai trouvé des amis !

J’ai trouvé des amis !

L’aventure suit son cours, de nouveau sur les routes mais cette fois accompagné de deux autres cyclotouristes, Thomas et Virginie, deux français au visage et aux mollets dorés par des heures de vélo. Ils ont commencé leur aventure en janvier dernier dans le sud de l’Argentine, un départ de el Calafate en Patagonie dans l’objectif de rejoindre Salta situé dans l’extrême nord de l’Argentine, 4 mois d’aventure le long de la cordillère des Andes.

Voilà plus d’une semaine que nous partageons la route sur la ruta 40, une route mythique qui se dessine le long de la cordillère sur plus de 5000 kilomètres. L’une des plus longue route du monde avec un point culminant à 5000 mètres d’altitude dans la région de Salta.

Nous venons de faire une pause de quelque jours à Villa Union dans la région de la Rioja pour y découvrir la réserve de la Laguna Brava et le parc national de Talampaya. deux sites remarquables par leur histoire géologique et le gigantisme de leurs paysages.

Réserve de la Laguna Brava

 

P1030246La Laguna Brava, ancien lac salé devenu salar, est situé à 4200 mètres d’altitude. Il se trouve au pied du volcan Cerro Bonete, quatrieme sommet andin, dans un décor de fin du monde où tout se décline en nuance de gris. Ici la vie se réduit à peu de chose, bactéries et phytoplanctons se partagent les lagunes, un écosystème fragile qui cependant accueillent 2 espèces de flamands rose pendant une partie de l’année.

P1030271La route qui mène vers la lagune traverse des paysages minéraux connus comme les montagnes aux 7 couleurs. Ces paysages volcaniques constituent la chaines des Andes, Le site est encore préservé, aucune entrée n’est possible sans être accompagné par un guide, malheureusement la protection du site est en sursis. Une route en construction prévoit de traverser le parc en direction du Chili. Des habitants du village de Vinchina, situé à l’entrée de la réserve, m’ont raconté qu’ils avaient peur que ce nouvel axe vers le Chili ne détruise l’écosystème en place même si il sera un atout majeur pour regonfler l’économie locale.

 

Parc national de Talampaya

P1030302200 kms plus au sud se situe le parque national de Talampaya déclaré en 2000 au patrimoine naturel et culturel de l’humanité. Les canyons sont la résultante de mouvements tectoniques et de l’érosion conjuguée du vent et de l’eau. Les falaises sont vertigineuses, murs de presque 180 mètres de haut, fait d’une terre ocre, friable où l’ombre des condors glissent en silence.

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Malgré les paysages inhospitaliers  et la chaleur écrasante, l’histoire du lieu s’avère passionnante, plusieurs ossements de dinosaures ont été retrouvés dans les gorges et certaines zones sont riches de plusieurs pétroglyphes gravés par les indigènes 2500 ans avant J.C.