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Month: December 2011

Plage blanche en vidéos

Plage blanche en vidéos

Voici trois vidéos qui viennent illustrer le précédent post. Histoire de 3 jours d’aventure sur des pistes entre Sidi Efni et Tantan Plage.

 

Des dromadaires rencontrés sur la plage blanche mais aucun chamelier à l’horizon.  Bizarre !

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A la recherche du petit prince

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40 kilomètres de plage à longer pour rejoindre le village de pêcheur de l’Aoreora. On entend la moitié de ce que je raconte, le cadrage est merdique mais on voit que j’suis content c’est l’essentiel 🙂

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Expérience des pistes pré sahariennes

Expérience des pistes pré sahariennes

L’arrivée à Sidi Efni me confronte à un choix cornélien, c’est le point de départ de deux itinéraires contrastés, d’un côté une traversée des contreforts de l’anti atlas pour rejoindre la route nationale directe pour Tan tan, de l’autre une piste qui longe la côte et qui semble plus directe d’après la carte. J’ai déjà passé la soirée à retourner la question mais une fois sur place les avis diverges. “Oh misieur ! La piste est très difficile. ca monte pi ca descend. C’est mieux de suivre la route.” Je viens d’acheter des provisions pour 3 jours et repasser sur le petit plateau ne m’enchante guère mais les mésaventures du Haut Atlas me rappelent de toujours écouter les recommandations des locaux.

Alors que je cherche mon chemin un homme m’interpelle depuis l’entrée de son magasin. Je lui demande son avis et il trouve les mots magiques. “Je serais toi je choisirais la piste, Je n’y suis jamais allé mais tu ne seras pas dérangé par les voitures et avec un vélo tu peux aller partout”.  Il a raison le bougre et je suis fait pour l’aventure alors, comme si tout s’éclairé, je fais demi tour pour retrouver un monde d’aventuriers.

Après 30 kilomètres de bitume arrive enfin la piste. Une piste taillée dans le roque brute et cassante qui mène la vie dure à la mécanique. 20 kilomètres de caillasses epuisantes mais un plongeons dans des paysages ineffables.

Vers 18h, je rencontre deux pêcheurs, leur mareyeur et leur chat Samir ils seront mes hôtes pour la nuit. Soirée au bord de l’océan à déguster un plat de riz agrémenté de poulpes et moules.

Ce matin l’océan gronde et un vent de nord soulève le sable. Je suis d’attaque pour couvrir 40 kilomètres sur la plage blanche. Avec la marée basse c’est une autoroute de sable qui s’ouvre à moi avec à droite les dunes de sable blanc et à gauche l’océan assourdissant. 20 km/h de moyenne et sans effort. Magique !

Je passe les détails mais à l’heure où la mer remonte je me trouve pris au piège. Le village de pêcheur de l’Aoreora est perché très haut sur un plateau rocheux et il y a une mer de sable à traverser avant d’en rejoindre la base. Encore aujourd’hui je ne sais pas si je préfère pousser le vélo dans le sable ou dans la neige. 🙂 Toujours est il qu’un pêcheur me prête main forte et bientôt le gardien de la zone s’ajoute à l’équipe.  Et bien même à trois gaillards on en chie un max pour pousser mon 38 tonnes.

Une fois en haut on se fécilite, on se sert la main et après un bon verre de thé j’attérie finalement dans le poste de garde avec Mohammed employé des forces auxiliaires, en poste ici pour une vingtaine de jours. La soirée se déroule paisiblement, animé par des parties de cartes et du thé à profusion.

Ce matin le réveil se fait en douceur. Je commate un peu alors que Mohammed réchauffe le lalikha, mélange d’une purée de maïs, d’huile d’olive et de lait. On avale ça accompagné de quelques verres de thé et de pain trempé dans l’huile. Autant dire que j’ai toute l’énergie nécessaire pour attaquer la journée.

Le mareyeur arrivé ce matin en Land Rover pourra peut être m’emmener à Sfera, petit village de pêcheurs à
20 km et d’après les indications de Mohammed, c’est depuis ce village que partirait une piste pour
Tan tan. Je sens déjà que cette journée va être mouvementée.

Malheureusement le gas n’ira pas jusque là et il n’ait pas prévu d’autres véhicules dans la journée. C’est donc à dos de vélo que j’entame la piste, pas encore conscient des galères qui vont suivre.

La piste commence par se scinder en deux et personne à l’horizon pour me guider. Dans pareil situation, ma stratégie vise simplement à garder des repères visuels, je continue donc à longer la côte comme on me l’a conseillé mais rapidement le chemin s’évanouie dans le sable. Obligé de pousser le vélo à l’aveuglette à la recherche de l’autre piste. Méthode un peu barbare mais ca marche.

Quelques kilomètres plus loin la route propose une nouvelle alternative. Cette fois je prend
celle qui me semble la plus fréquentée mais bizarrement celle-ci part vers l’est, là où il n’y a
rien. J’me dit que c’est peut être simplement pour éviter une erg mais plusieurs langues de sable plus loin la
route est de moins en moins évidente et j’ai le sentiment d’avoir manqué quelquechose.
Malheureusement trop loin pour faire demi tour je cherche du regard un indice d’une autre piste
et coup de bol il y a une sorte de grand panneau solaire à 100 mètres avec une cabane à côté. Je
coupe donc tout droit pour la rejoindre toujours dans le sable.

Une fois sur place un 4*4 s’avance dans ma direction avec à son bord trois français en chemisette et un militaire marocaine. Ils sont souriants mais semblent surpris de voir quelqu’un ici.  De mon côté, je découvre que le panneau solaire n’est autre qu’une planche en bois inclinée avec un gros trou dedans.

Le français avec la chemisette Thales s’adresse à moi :

Lui : “Vous savez où vous êtes ?”

Moi :” Heuuu non !”

Lui : “Vous êtes sur une zone militaire et un de nos avions à tirer une bombe de 250 kilos y à pas 30 min là où vous étiez. Vous n’avez rien vu, rien entendu ?”

Moi (avec un peu d’inquiétude) : “Heuuu non ! J’suis désolé ! Il n’y avait aucun panneau et la carte n’indique pas de zone militaire”

Lui : “Vous avez beaucoup de chance d’être en vie monsieur”

Moi : “Et les véhicules à chenilles tout rouillé que j’ai photographié, ils sont là depuis des années ?”

Lui : ” Oui et ils servent de cible aux F16″

Moi : ” Ah bonnnnnn !”

Finalement, on passe quelques minutes à se présenter et avant de charger mon vélo sur le pick-up tout le monde veut sa photo souvenir de ce français un peu fou qui vient de jouer sa vie.

La remonté vers la base militaire est l’occasion de comprendre un peu mieux l’usage des lieux. Plusieurs véhicules de l’armée sont disposés en ligne sur la zone de tir. Tanks, VBRG et camions militaires totalement rouillés par le sable et l’iode, ils sont régulièrement la cible des F16 marocains. A un moment le conducteur m’invite à regarder sur le côté droit de la route. “Ca c’est un modèle de bombe similaire à celle qui a été tirée il y a 30 min”. Me voilà bien rassuré :/

La journée se poursuit avec grande prudence mais je finirai à Tan tan qu’après plusieurs erreurs d’itinéraire et de nombreuses rencontres.

Je reprend maintenant des routes plus classiques histoire d’arriver en Mauritanie avant l’été 🙂

 

 

 

 

Rencontre avec le Haut Atlas

Rencontre avec le Haut Atlas

Après les dunes de Merzouga, la tête pleine d’histoires d’aventuriers armés de tout terrain rutilants, notre cher Virgile s’élance sur sa bicyclette prêt lui aussi à défier les chaines du Haut Atlas. Dans un premier temps, cap sur Tinerhir lové dans la vallée et point de départ pour l’ascension des gorges de Todra.

Pour le moment la route se dessine dans un décor de désert de pierres et de poussières. Seul distraction,  le Haut Atlas, à droite, qui commence à dévoiler ses plus beaux sommets. Spectacle de montagnes enneigées qui montent maintenant très haut sur l’horizon.  Trop confortablement installé dans ma vallée, je regarde ce spectacle avec des yeux conquérants. Je ne sais pas trop d’où vient ce besoin constant de repousser mes limites mais j’vais finir par me mettre vraiment en danger. Enfin à cet instant je ne pense qu’à une chose, mettre les roues dans de la neige fraîche.

La remonté des gorges est un vrai délice. Seul sur cette route qui remonte vers la source de Todra, je me retrouve coincé au fond d’un gouffre où bientôt la lumière commence à manquer et  le vent devient plus vif. Je le sens, la neige n’est plus très loin. A cet instant, je n’ai qu’une idée dans la caboche, planter la tente dans la neige.

Finalement je ressors sur un plateau à environ 1800 mètres d’altitude. Je refais l’avitaillement à Tamtatouchte, petite ville de montagne où commence la piste de haute montagne. Mais mes projets vont être vites rattrapés.

Alors que j’approche de la piste, un comité d’accueil flaire le gentil touriste et me collent les basques tout en me déconseillant d’aller plus loin. “Non monsieur la route est bloquée par la neige dans 5 kilomètres, tu ne pourras pas passer”. Je fais la sourde oreille jusqu’à finalement poser la question à un local en plein travail dans une carrière de pierres. Il me dit la même chose. La neige recouvre la piste et tous les 4*4 de touristes font demi tour 5 kilomètres plus loin. La nuit est déjà installée et maintenant que tout le monde est au courant de mes projets, je me resigne et pars méditer au camping pour reconsidérer mes projets.

Le lendemain, les plans n’ont pas changé. Plein d’énergie, motivé plus que jamais pour braver les interdits. Il fait froid, la tente et le vélo sont couverts de givre. je sors de la tente vers 7h00. Le village dort encore,  il est comme figé par le froid, seul quelques cheminées soufflent un léger filet de fumée.

Je reprend la route vers 9h00, motivé pour franchir le col dans la journée. Les 15 premiers kilomètres se font sur une piste sans neige mais avec une déclivité inhumaine. J’ai vraiment pas le choix, je dois pousser sans reserve. Finalement c’est aussi crevant que d’être sur le vélo. Je garde en visuel un nomade et sa mule qui ont choisi un autre chemin qui semble plus direct. Lorsque j’arrive au croisement de nos routes il est déjà à la recherche de petits bois pour préparer le thé. On se retrouve autour du feu pour profiter du paysage.  Je tente un début de conversation en utilisant la carte du Maroc et le dictionnaire d’images, pour en apprendre d’avantage sur ce personnage. Le temps est comme suspendu. Quel bonheur d’être perdu ici,  isolé dans les montagnes avec ce nomade pure souche qui affronte les montagnes en sandales. Il doit être riche de milles histoires.

Enfin avec tout çà, j’en oublie mes objectifs et si je ne repars pas rapidement,  je risque de rester coincer dans la montagne.

Deux 4*4 touristiques redescendent la piste. Comme celui croisé plus tôt dans la matinée, ils n’ont pas pu suivre la piste qui est recouverte d’une épaisse couche de neige.  J’ai bien retenu le message mais je vais poursuivre, je veux voir cette neige de mes propres yeux, la toucher, la défier et peut être même trouver une voie pour le vélo.

Lorsque finalement j’arrive au point où s’arrête toutes traces de 4*4,  je découvre un passage moins enneigé sur la droite. Un autre homme est déjà passé par là et ses traces se perdent dans l’immensité. La piste disparaît rapidement, ensevelie sous 30 cm de neige. Je vais devoir tracer ma route à tatons, sonder et ouvrir une voie dans ce vallon qui doit m’amener à 2800 mètres d’altitude.

Bientôt je n’arrive plus à pousser le vélo. A certains endroits, je m’enfonce jusqu’aux genoux. Les traces de pas se sont maintenant évanouies dans la montagne. Je suis donc le premier à fouler cette neige qui date d’au moins 5 jours. De temps en temps le vélo s’enfonce jusqu’aux sacoches. Impossible de le pousser. Seul solution : Décharger les bagages et  les transporter à la main.

L’épaisseur de neige s’accroît encore. Je pense pouvoir franchir le sommet avant la nuit mais je n’ai aucun repère pour évaluer ma position. La marche folle se poursuit plusieurs heures. Il me faut quatre aller/retour pour déplacer les 50 kilos de matériel (4 sacoches, 2 gros sacs et le vélo),  cent mètres par cent mètres, une progression lente avec une neige qui dissimulent de nombreux pièges. C’est épuisant physiquement et moralement.

Le soleil est déjà passé derrière les montagnes. La situation me dépasse, j’ai surévalué mes capacités et me voilà pris au piège. Il est maintenant trop tard pour faire demi tour.  Le froid commence à s’installer et  je suis épuisé, je dois me résigner à passer la nuit ici. J’improvise une zone de campement en creusant la neige sur quelques centimètres pour avoir une surface plane et un petit muré en neige est construit pour limiter l’impact du vent.

Une fois tout le matos dans la tente, vélo compris, je m’avale une thermo de café avant de passer une nuit d’angoisse. Chaque petite bourrasque de vent devient pretexte pour jeter un oeil dehors de peur de voir une tempête se lever.

Finalement la nuit fut paisible et le ciel d’une rare pureté…

La suite au prochain épisode 🙂